RDV du Repreneuriat

TROPHEES DU REPRENEURIAT

Les trophées du Repreneuriat récompensent chaque année les plus belles réussites en matière de reprise d’entreprise. 
Ils encouragent le repreneuriat comme moteur de l’activité économique dans les territoires et valorisent le développement des savoir-faire. 
Sous la présidence de Renaud Dutreil, ancien ministre, le jury attribue quatre prix : 
le Grand Prix du Repreneuriat, le Prix du Repreneuriat au féminin, le Prix du Repreneuriat innovant et le Prix du jury. 
Les lauréats auront chacun une session TALK pour nous livrer leur parcours et leur expérience.

S3MArnaud BONNEFOI

Mon projet :  j'ai repris la société S3M en avril 2017, après 10 ans de vie de salarié et nourri d’une envie d’entreprendre qui me trottait en tête depuis quelques années. Dès le début de ma recherche, j’ai ciblé des entreprises de bâtiment avec une composante technique et en IDF. Car j’avais passé quelques années à travailler dans le monde du bâtiment et que ce secteur m’avait particulièrement plu (diversité des salariés composants une PME de bâtiment, fierté de bâtir et de dépanner) ; car ma formation initiale d’ingénieur me permet de m’intéresser à des problématiques techniques ; car ayant toute ma vie en IDF (famille, amis, emploi de mon épouse..) je ne souhaitais pas me déraciner pour conserver le plus de stabilité dans ma nouvelle vie d’entrepreneur. Après plusieurs négociations n’ayant pas abouti, j’ai fait la rencontre de S3M et de son dirigeant. Le métier (métallerie, serrurerie), le positionnement (clients publics) et l’équipe (un bon équilibre entre jeunesse et expérience) m’ont séduit et m’ont amené à faire ce qu’il fallait pour conclure cette reprise. Après un 1er exercice décevant (-10 % de CA), nous avons réussi à lancer une dynamique de croissance (+25% en 2018 ; +13% en 2019) tout en améliorant la rentabilité. Les équipes, plutôt stables depuis mon arrivée, y sont pour beaucoup ! Cette croissance est d’ailleurs essentiellement leur succès : capacité à se motiver ensemble vers un objectif de croissance, adaptation à un mode de management moins directif, flexibilité pour adopter une organisation plus structurée. Mon expérience professionnelle : j'ai suivi des études d’ingénieur avec une spécialité autour des logiques de production et de logistique, qui m’ont orienté vers l’automobile et un premier poste en usine (gestion de magasin de pièces, gestion de planning, service en 4x8). Après quelques années très enrichissantes sur le plan de la gestion de la pression et l’apprentissage du management, j’ai quitté PSA pour rejoindre Otis et le monde de l’ascenseur. Mon premier poste a été de faire du commerce et plus particulièrement de gérer un portefeuille de clients tertiaires (contrat de maintenance, travaux). J’ai ensuite encadré une équipe de commerciaux, puis des centres de profits. Ces postes m’ont permis d’apprendre à vendre et à gérer un compte de résultat. A la suite de cela, un poste en PME pendant 18 mois m’a donné le goût pour la PME et l’envie de déclencher ce projet d’entreprendre Mon parcours de repreneur : après l’étude de quelques dossiers de société de bâtiment en IDF, je me suis rendu compte de la grande concurrence à laquelle je faisais face, de la part d’autres repreneurs personnes physiques mais surtout de personnes morales dont la stratégie de croissance externe ciblait les mêmes sociétés que moi. J’ai donc choisi de me faire accompagner sur la partie étude financière et élaboration de BP afin de pouvoir me concentrer sur le marché caché. Mon conseil a été Jérôme Giroux - société Forthéa : son aide précieuse m’a permis d’identifier très rapidement les points clés des dossiers, de construire des BP réalistes et pertinents, et de calculer des valorisations viables. Et de passer beaucoup plus de temps à prospecter auprès des intermédiaires de cession et à travailler mon réseau pour créer la rencontre avec la bonne société. Il m’a fallu  30 longs mois depuis mon premier jour de recherche jusqu’au au closing de ma 1ère reprise ; 110 dossiers étudiés, 55 cédants rencontrés, 4 LOI proposées. Deux facteurs m’ont permis de tenir sur la durée : le soutien de mes proches (épouse, famille, amis…) au quotidien et dans les moments trop calmes et d’échecs, et le faible niveau de dépenses auquel je me suis contraint (travail depuis chez moi, choix des conseils essentiellement aux succes fees…). Mes premières actions S3M étant une société qui se portait bien avant la reprise, j’ai fait en sorte de profiter de son inertie pour ne pas prendre de décision hâtive. Ma première action a été d’accorder plus d’autonomie aux salariés que ne faisait le précédent dirigeant, pour deux raisons. La première était que je n’avais ni le temps, ni l’expertise pour me positionner sur tous les sujets, la deuxième était d’identifier rapidement quel suivi je devais adopter avec chacun des salariés. Ce changement de relations avec leur dirigeant pour les salariés en a déstabilisé certains, mais il en a surtout révélé d’autres qui se sont avérés beaucoup plus efficaces une fois libérés. Quelques mois après ma reprise, je me suis attelé au changement d’organisation et à la mise en place d’un organigramme où les rôles étaient plus clairs que précédemment. Cela a contribué à responsabiliser les salariés sur leurs missions et à éviter des doublons, des pertes de temps et des trous dans les tâches à accomplir. Les principales innovations ont portés sur les outils informatiques. Nous avons changé notre ERP, qui était âgé de plus de 20 ans. Ce changement, qui a été un chantier d’un an, nous a permis d’améliorer le pilotage commercial, chantier et financier de nos affaires. Nous sommes passés d’un agrégat de logiciels + fichiers excel divers à un outil tout intégré accessible et utilisé par tous. Nos techniciens ont été également été équipés de smartphones et d’une application permettant de dématérialiser les rapports d’intervention. Cet outil a permis de gagner en traçabilité, en communication avec nos clients et en papier ! Mon accompagnement et mes relations avec le cédant Le cédant n’avait pas de rôle particulier dans la société outre celui de dirigeant. Nous avions donc décidé dès le début que l’accompagnement devait être intense dans les premières semaines (3 jours hebdomadaires), puis plus distant dans un 2ème temps. Les 3 jours par semaine en commun ont tout d’abord été d’une grande aide, pour comprendre le fonctionnement de l’entreprise, identifier le rôle du dirigeant dans la société et apprendre à connaître les salariés. Mais il se sont rapidement avérés longs également, car chaque décision prise était l’occasion d’un échange avec l’ancien dirigeant pour partager nos points de vue. Quand, après un mois, le cédant s’est absenté une semaine, je me suis senti prêt à continuer sans son soutien, et nous nous sommes contentés d’un déjeuner une fois par semaine pendant un mois de plus. J’ai toujours plaisir à le voir et à le consulter désormais plutôt tous les 6 mois. La responsabilité sociétale A mon arrivée, j’ai pris quelques décisions immédiates concernant : - Les imprimantes individuelles que j’ai supprimées et remplacées par 2 copieurs collectifs - Les fontaines à eau en bonbonnes – livrées en camion une fois par semaine !! - que j’ai remplacées par des fontaines filtrantes branchées sur le réseau d’eau - Les véhicules essence/diesel que j’ai en partie remplacés par des véhicules électriques (2 utilitaires et 2 scooters). Par ailleurs, nous avons réouvert l’entreprise à : - des alternants (1 apprenti en 2018-2019, 1 contrat pro en 2018-2019, 1 apprenti en 2019-2021) - des stagiaires (étudiants, ou en insertion) - des intérimaires en insertion. Enfin, nous avons mis en place une opération de don annuel à Emmaüs pour nos surplus de chantier ou erreurs de commandes qui nous permette d’offrir une seconde vie à des ouvrages (portes, fenêtres, grilles) ou matériels (serrures, ferme-portes…) qui précédemment dormaient dans notre magasin Mes ambitions: nos perspectives sont bonnes avec des prises de commandes. La croissance de notre activité devrait se poursuivre pendant encore au moins 2 ans. Nous sommes donc à nouveau en train d’adapter notre organisation afin de pouvoir répondre à plus de demandes clients (AO notamment) et de mieux gérer les chantiers qui nous sont confiés. Par ailleurs, l’association de S3M avec l’autre filiale TeleAnten va permettre de proposer des offres de travaux plus techniques et plus globales à nos clients.